Si vous envisagez de faire construire une maison ou d’investir dans un logement neuf, une évolution réglementaire majeure va bientôt changer la donne. Un projet de décret prévoit d’interdire l’utilisation du gaz et de toute énergie fossile sur site dans les constructions neuves, avec une application progressive à partir de 2027. Cette mesure touche directement les particuliers, futurs propriétaires ou maîtres d’ouvrage, qui devront anticiper ces nouvelles règles lors de la conception de leur projet immobilier. Alors, concrètement, qu’est-ce qui change pour vous ? À qui s’applique la mesure, quelles sont les exceptions, et comment vous préparer ?
Jusqu’à présent, lorsque vous faisiez construire un logement neuf, vous pouviez opter pour différents modes de chauffage et de production d’eau chaude. Même si la réglementation énergétique évoluait déjà (notamment avec la RE2020, qui vise à limiter les émissions de CO2), il restait possible d’installer une chaudière gaz, un poêle à granulés ou à bois, ou encore d’utiliser du gaz en appoint. Beaucoup de futurs propriétaires faisaient ce choix pour des raisons de coût, d’habitude ou de performance thermique.
La consommation d’énergie fossile (gaz, fioul, etc.) était donc encore permise, sous réserve de respecter les performances énergétiques minimales exigées par la réglementation. Les professionnels vous orientaient selon vos préférences et votre budget, sans interdiction stricte sur le recours à ces énergies dans le neuf.
Le nouveau projet de décret change radicalement la donne : il prévoit d’interdire le gaz et toute consommation d’énergie fossile sur site dans les logements neufs.
Cette évolution n’est pas seulement une volonté nationale : elle répond à la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (DPEB), qui impose aussi la fin de la consommation d’énergie fossile sur site à partir de 2028 pour les bâtiments relevant d’organismes publics, et de 2030 pour le reste du parc immobilier.
Concrètement, cela veut dire que les nouvelles maisons individuelles ou logements collectifs ne pourront plus être équipés de chaudières gaz ou de tout système fonctionnant au fioul ou à une autre énergie fossile. Seule l’utilisation d’énergies décarbonées (électricité, pompe à chaleur, solaire, etc.) restera autorisée.
Le projet de décret prévoit toutefois une exception : dans certains cas particuliers, une dérogation à l’interdiction pourra être accordée. Cette exception sera possible sur la base d’une note justificative établie par un professionnel qualifié pour la réalisation d’audits énergétiques (audit énergétique : analyse approfondie de la performance énergétique d’un bâtiment existant ou d’un projet). Cela signifie que, si votre projet présente des contraintes techniques ou économiques spécifiques, un audit énergétique pourra justifier le maintien temporaire d’un équipement gaz ou fossile.
Attention : cette dérogation restera encadrée et limitée, accordée seulement si l’audit prouve que l’utilisation d’une autre énergie est impossible ou disproportionnée. Cela ne concernera donc qu’une minorité de cas.
Vous êtes concerné si :
Vous serez moins concerné si :
Cette évolution réglementaire vous oblige donc à anticiper, dès la conception de votre projet, un mode de chauffage et d’énergie compatible avec ces nouvelles obligations. Si votre terrain ou votre projet présente une contrainte particulière, l’audit énergétique réalisé par un professionnel qualifié pourra éventuellement ouvrir droit à une dérogation, mais cela restera l’exception.
En résumé : Pour tous ceux qui souhaitent un logement neuf, l’interdiction prochaine du gaz et des énergies fossiles va s’imposer comme la nouvelle norme. Se préparer dès maintenant, en se tournant vers des solutions électriques ou renouvelables, est la meilleure façon d’anticiper cette transition.